Le nombre de chauffeurs a fortement augmenté, tandis que les indicateurs de revenu réel reculent et que les temps d'attente s'allongent. Ce que montrent les données publiques de l'État (ARPE, SDES), croisé avec la seule chose qui compte : ton net réel.
Mis à jour juillet 2026 · par Ramzi, ex-chauffeur VTC · sources officielles datées en bas de page
71 300 chauffeurs actifs sur les plateformes en 2024, soit +51 % en deux ans. La courbe monte encore, mais les nouveaux entrants ont culminé en 2023 (effet JO 2024) puis reculé de 15 % en 2024, un signe de ralentissement des nouvelles arrivées.
22 500 chauffeurs actifs en 2024 ne l'étaient pas en 2023, soit 31 % de l'effectif.Le métier ne fait pas que grossir, il se renouvelle massivement. C'est peut-être le chiffre qui dit le plus sur la réalité du terrain : on entre nombreux, et on ne reste pas tous.
Avant d'être l'un des 22 500 nouveaux, calcule ce qu'il te resterait.
Sur 5 000 € de courses chez Uber, il reste 940 € par mois en micro-entreprise, une fois la commission, les cotisations et la voiture payées. Mets tes propres chiffres : deux minutes, sans inscription.
Calculer mon net réelDeux lectures à retenir. La part francilienne recule là où ça compte: les courses. 74 % d'entre elles démarrent en Île-de-France en 2024, contre 80 % en 2023, et 39 % à Paris contre 46 %. Six points de moins sur les deux, en un an, pendant que les cartes professionnelles, elles, restent franciliennes à 76 %. Et le multi-plateformes est devenu la norme, pas une astuce : trois chauffeurs sur quatre jonglent entre plusieurs applications, ce qui en dit long sur ce qu'une seule suffit à rapporter. Les commissions sont comparées sur notre page plateformes VTC.
Sources : SDES, rapport 2026 de l'Observatoire national du T3P, publié le 29 juin 2026, et « Les chauffeurs des plateformes de VTC en 2024 », publié le 13 novembre 2025.
Côté registre, on comptait 79 149 exploitants inscrits au 1er octobre 2025, pour plus de 120 000 conducteurs associés. Le Sénat estimait qu'environ 30 000 chauffeursroulaient sous l'inscription d'une autre société. Cette pratique, le rattachement, est interdite depuis le 27 juin 2026 : ce que ça change pour les chauffeurs.
Source : Sénat, avis n° 104 (2025-2026) déposé le 4 novembre 2025, chiffres de la DGITM.
Un accord de branche (19 décembre 2023, homologué par l'ARPE le 26 mars 2024) a fixé des minimums garantis pour la rémunération des courses :
L'accord combine deux planchers : un minimum par course de 9 € et un minimum kilométrique de 1 €/km, et c'est le plus élevé des deux qui s'applique. Par construction, tant qu'une course fait moins de 9 km, le minimum par course (9 €) dépasse la part kilométrique : c'est donc lui qui fixe la rémunération.
À noter
Sous ce seuil, deux courses de distances différentes peuvent atteindre le même minimum : une course de 3 km et une de 8 km reviennent toutes deux à 9 €. En dessous d'environ 9 km, c'est le minimum par course qui prime sur la part kilométrique ; au-delà, la part kilométrique prend le relais. À chacun d'en tenir compte pour ses temps de trajet et ses coûts.
Plus de chauffeurs pour la même demande, c'est mécanique : on attend de plus en plus, sans être payé. Évolution du temps d'attente entre deux prestations, 2021-2025 :
Ce temps mort n'est pas payé : il écrase ton revenu réel par heure, même quand le prix de la course ne bouge pas.
Le revenu par course stagne ou recule en euros courants, et surtout en euros constants (inflation déduite), le revenu horaire réel baisse pour toutes les grandes plateformes.
C'est ce qui rend les fourchettes à 3 800 € qu'on lit partout intenables. Nous avons refait l'addition à partir des chiffres avancés par Google lui-même : on retombe sur 1 853 € net et 69 % de charges, pas sur 2 100-3 800 € et 30-40 %.
| Plateforme | Revenu/course 2023 | Revenu/course 2025 | Revenu horaire réel 2021-2025 |
|---|---|---|---|
| Uber | 18,3 € | 17,3 € | −9,3 % |
| Bolt | 18,0 € | 15,9 € | −11,3 % |
| Heetch | 12,9 € | 15,6 € | −12,3 % |
Revenu moyen par course (euros courants) et revenu horaire ajusté à l'inflation. Source : ARPE, Édition 2026.
Les tarifs planchers par course ont été relevés. En parallèle, selon les indicateurs publiés par les plateformes et analysés par l'ARPE, le revenu horaire réel a reculé et les temps d'attente ont augmenté sur la période. Deux mouvements de sens opposés, et c'est le second qui pèse le plus sur ton revenu par heure réellement travaillée.
Et ces chiffres sont des bruts : ils ne déduisent ni la commission, ni les 21,2 % de cotisations en micro, ni ton carburant, ton assurance et ta LLD. Le seul chiffre qui compte, c'est ce qu'il te reste vraiment. C'est la méthode Sans Filtre.
Calculer mon net réelLes chiffres 2025 des effectifs ne sont pas encore publiés (diffusion à N+1). Les données de revenus couvrent jusqu'à 2025. Cette page présente des données publiques et officielles et leur mise en perspective ; les indicateurs de revenus et de temps d'attente sont ceux publiés par les plateformes et analysés par l'ARPE.
En 2024, la France comptait 71 300 chauffeurs actifs sur les plateformes VTC (source ONT3P / SDES), soit +27 % en un an et +51 % en deux ans (47 000 en 2022). Le chiffre 2025 n'est pas encore publié : les effectifs d'une année sont diffusés l'année suivante.
Oui : +51 % en deux ans côté chauffeurs actifs. Mais le flux de nouveaux entrants a culminé en 2023 (dopé par les JO 2024) puis reculé de 15 % en 2024, signe d'un début de saturation du marché.
Le tarif plancher par course a été relevé (7,65 € en 2023, puis 9 € net en 2024). Mais en euros constants, le revenu horaire réel des chauffeurs a baissé (Uber −9,3 %, Bolt −11,3 % entre 2021 et 2025, source ARPE), et les temps d'attente ont explosé. Ce que le chauffeur gagne vraiment par heure a donc reculé.
L'accord de branche fixe deux planchers : 9 € minimum par course et 1 € par kilomètre, et c'est le plus élevé qui s'applique. Tant qu'une course fait moins de 9 km, le minimum par course (9 €) dépasse la part kilométrique : une course de 3 km et une de 8 km atteignent alors le même minimum de 9 €. Au-delà de ce seuil, c'est la part kilométrique qui prend le relais.
Oui. Les effectifs viennent de l'Observatoire national du T3P (ONT3P / SDES, Ministère de la Transition écologique), les revenus de l'ARPE (Autorité des relations sociales des plateformes d'emploi), et les données d'examen de CMA France. Chaque chiffre est daté et sourcé en bas de page.