Le nombre de chauffeurs a explosé, mais leurs revenus réels baissent et les temps d'attente doublent. La saturation du marché VTC, prouvée par les données de l'État (ARPE, SDES), et croisée avec la seule chose qui compte : ton net réel.
Mis à jour juillet 2026 · par Ramzi, ex-chauffeur VTC · sources officielles datées en bas de page
71 300 chauffeurs actifs sur les plateformes en 2024, soit +51 % en deux ans. La courbe monte encore, mais les nouveaux entrants ont culminé en 2023 (effet JO 2024) puis reculé de 15 % en 2024 : le marché commence à saturer.
Chauffeurs VTC actifs sur les plateformes. Source : ONT3P / SDES, 2024.
C'est la nuance que seul le terrain a vue. Un accord de branche (19 décembre 2023, homologué par l'ARPE le 26 mars 2024) a fixé des minimums garantis :
Le tour de passe-passe : ils ont relevé le minimum par course (l'annonce « les tarifs augmentent ») tout en réduisant le kilométrique à un plancher de 1 €/km. Or, tant qu'une course fait moins de 9 km, c'est le minimum de 9 € qui s'applique, quelle que soit la distance.
Concrètement : une course de 3 km = 9 €. Une course de 8 km = 9 €. Même prix, mais plus de temps, plus de carburant, plus d'usure. Sous 9 km, la distance ne paie plus. La rémunération est devenue quasi forfaitaire, et le chauffeur qui roule le plus est perdant.
Plus de chauffeurs pour la même demande, c'est mécanique : on attend de plus en plus, sans être payé. Évolution du temps d'attente entre deux prestations, 2021-2025 :
Évolution du temps d'attente entre deux courses, 2021-2025. Source : ARPE, Édition 2026.
Ce temps mort n'est pas payé : il écrase ton revenu réel par heure, même quand le prix de la course ne bouge pas.
Le revenu par course stagne ou recule en euros courants, et surtout en euros constants (inflation déduite), le revenu horaire réel baisse pour toutes les grandes plateformes.
| Plateforme | Revenu/course 2023 | Revenu/course 2025 | Revenu horaire réel 2021-2025 |
|---|---|---|---|
| Uber | 18,3 € | 17,3 € | −9,3 % |
| Bolt | 18,0 € | 15,9 € | −11,3 % |
| Heetch | 12,9 € | 15,6 € | −12,3 % |
Revenu moyen par course (euros courants) et revenu horaire ajusté à l'inflation. Source : ARPE, Édition 2026.
Le message officiel dit « les tarifs augmentent ». La réalité chiffrée dit : plus de chauffeurs, une rémunération forfaitisée, des temps d'attente qui doublent, et un revenu horaire réel en baisse. Autrement dit, ton net par heure a reculé, même si le prix affiché d'une course n'a pas « crashé ».
Et ces chiffres sont des bruts : ils ne déduisent ni la commission, ni les 21,2 % de cotisations en micro, ni ton carburant, ton assurance et ta LLD. Le seul chiffre qui compte, c'est ce qu'il te reste vraiment. C'est la méthode Sans Filtre.
Calculer mon net réelLes chiffres 2025 des effectifs ne sont pas encore publiés (diffusion à N+1). Les données de revenus couvrent jusqu'à 2025.
En 2024, la France comptait 71 300 chauffeurs actifs sur les plateformes VTC (source ONT3P / SDES), soit +27 % en un an et +51 % en deux ans (47 000 en 2022). Le chiffre 2025 n'est pas encore publié : les effectifs d'une année sont diffusés l'année suivante.
Oui : +51 % en deux ans côté chauffeurs actifs. Mais le flux de nouveaux entrants a culminé en 2023 (dopé par les JO 2024) puis reculé de 15 % en 2024, signe d'un début de saturation du marché.
Le tarif plancher par course a été relevé (7,65 € en 2023, puis 9 € net en 2024). Mais en euros constants, le revenu horaire réel des chauffeurs a baissé (Uber −9,3 %, Bolt −11,3 % entre 2021 et 2025, source ARPE), et les temps d'attente ont explosé. Ce que le chauffeur gagne vraiment par heure a donc reculé.
Le minimum garanti est de 9 € net par course et 1 € par kilomètre. Tant qu'une course fait moins de 9 km, c'est le minimum de 9 € qui s'applique, quelle que soit la distance. Une course de 3 km et une de 8 km rapportent donc le même 9 € : sous ce seuil, la distance n'est plus rémunérée.
Oui. Les effectifs viennent de l'Observatoire national du T3P (ONT3P / SDES, Ministère de la Transition écologique), les revenus de l'ARPE (Autorité des relations sociales des plateformes d'emploi), et les données d'examen de CMA France. Chaque chiffre est daté et sourcé en bas de page.